Les fondatrices

 

Qui sommes nous ?

Honorons la mémoire de nos Fondatrices

13 novembre 2021

Lettre pour les fondatricesLe 13 novembre 2021, nous célébrons le 130e anniversaire de l’arrivée des quatre premières Fondatrices à Baie-Saint-Paul. Je me suis demandé ce que je pourrais partager en ce jour important pour la Congrégation.

Nos Fondatrices ont toujours cherché dans la prière, la force et les grâces nécessaires pour faire tout le bien qu’elles pouvaient. Pour arriver à faire le bien, nous comptons sur la grâce de Dieu et le discernement des esprits. Il est parfois difficile de cerner le vrai bien, car même derrière ce qui peut sembler un bien, il peut se cacher un mobile intérieur en quête de valorisation ou de satisfaction personnelle. Les apparences sont trompeuses et notre égo. un piège.

Le livre de la Sagesse invite à chercher le Seigneur avec un cœur simple, tel qu’il en fut pour nos Fondatrices. La sagesse ne peut entrer dans une âme qui veut le mal, or il importe de se laisser conduire par l’Esprit Saint, éducateur qui apprend à discerner ce qui peut être trompeur et lui demander la clairvoyance. (Sg 1, 1-7) L’offrande de la veuve de l’évangile de Marc met en garde aussi contre les jugements référant à l’apparence.

L’humilité et la simplicité des Fondatrices qui cherchent ensemble la volonté de Dieu, nous ouvrent un chemin de synodalité inspirant. L’apprentissage de la communion fraternelle a été vécu au cœur de la diversité de Onze personnalités bien différentes, mais unies par une même volonté d’aimer, de servir sans prétention et de rester docile à l’Esprit de Dieu.

Par notre consécration religieuse ou par notre engagement comme frère et sœur associé, laissons-nous inspirer par l’exemple de nos Mères fondatrices et leur marche synodale à la suite du Christ. Honorons leur mémoire par un temps de prière personnel ou communautaire, le 13 novembre prochain. Unis dans la prière et dans la communion, demandons une grâce particulière d’unité et de clairvoyance qui oriente notre cœur et nos actions vers le bien, avec humilité et simplicité. Soyons des témoins d’espérance dans notre monde angoissé, des personnes inspirantes pour les chercheurs de Dieu et une interpellation pour qui a déjà rencontré le Seigneur sur son chemin d’Évangile. Par nos prières, implorons la grâce de faire le bien avec un esprit de détachement, assuré que Dieu seul scrute les reins et les cœurs. Célébrons dans la foi et dans la joie notre appartenance commune.

Sœur Doris Lamontagne, pfm,

Supérieure générale

A Worcester, Massachusetts, le 13 août 1889, les onze fondatrices des Petites Franciscaines de Marie ont formé une communauté de sœurs pour suivre le Christ à l’imitation de la Vierge Marie et de François d’Assise. Depuis le jour de la fondation jusqu’à aujourd’hui, les religieuses veulent répondre « à certains besoins de l’Église locale du temps, avec le désir de se dévouer au soin et au soulagement de toutes les misères humaines ». (cf. Const. no 1)

Quatre des onze fondatrices furent accueillies par l’abbé Ambroise-Martial Fafard, curé de Baie-Saint-Paul, le 13 novembre 1891, en raison du refus de l’évêque de Springfield, d’autoriser la communauté nouvelle dans son diocèse. Les onze fondatrices furent reconnues comme «communauté religieuse» à Baie-Saint-Paul de Charlevoix, le 2 juin 1893. Le service de la charité, exercé par ces femmes auprès des vieillards, des pauvres et des malades mentaux, hébergés au départ dans un modeste hospice, s’est étendu à plusieurs villes et villages au Québec et aux États-Unis. Au fils des années, la Congrégation a été active en éducation, en santé et dans différents services sociaux. En 1968, six religieuses quittaient le Canada pour servir à Madagascar.

En 2014 la congrégation a donc fêté ses 125 ans en présence du maire de Baie-Saint-Paul, M. Jean Fortin et de plus de 1000 sympathisants réunis pour l’occasion.

Mère Marie-Joseph

Mère Marie-Joseph

5 octobre 1870 - 27 août 1922

Sœur Marie-Louise Rondeau


Mère Marie-Joseph est la première au rang des fondatrices.  La première, en effet, le 13 août 1889, elle franchit le seuil de l’orphelinat de South Worcester.

Ce jour-là, le Semeur semait et la Congrégation des Petites Franciscaines de Marie était appelée à vivre et à grandir.  Témoin des semailles et des moissons, Marie-Louise saura les raconter par écrit pour les générations à venir.

Mais entre les deux, il y eut des pluies bienfaisantes pour faire germer le grain, il y eut aussi des orages violents où le champ fut envahi par des VAGUES déferlantes.  Et alors, «c’est Mère Marie-Joseph qui tient tête à la tourmente, avec cette rare énergie d’âme et de tempérament qui la caractérise».

Elle, la timide, puise dans sa foi le courage de combattre avec force et douceur, avec humilité et sagacité.  Elle est aussi de celles qui croient à la valeur du travail où l’on implique ses mains et son cœur, elle s’enthousiasme devant les appels apostoliques et sait communiquer la flamme qui brûle en elle.

Toujours obéissante et toujours entreprenante, éducatrice et mère des pauvres, elle fut vraiment fille de François d’Assise.

Mère Marie-Anne-de-Jésus

Mère Marie-Anne-de-Jésus

9 octobre 1865 - 30 avril 1924

Sœur Marie Bibeau

Celle qui a transplanté la tige franciscaine en terre canadienne, celle qui s’est identifiée à l’ARBRE à force de soins et d’amour, Mère Marie-Anne-de-Jésus, fondatrice et première supérieure générale en 1893, a connu «les austères et douloureuses grandeurs d’une vocation extraordinaire» comme l’écrivait Mère Marie-Claire-d’Assise.  À certaines heures, l’arbre a ployé sous la rafale, mais toujours il se redressait dans un sursaut de foi et restait debout pour assurer la vie qui montait en lui.

Mère Anne était de ces personnes que Dieu a préparées pour bâtir et pour planter.  De la bâtisseuse elle avait l’audace, l’initiative, la clairvoyance, le courage, l’optimisme, et elle s’est servie de toutes ces qualités pour édifier la Communauté sur des bases spirituelles solides.

Mais elle avait aussi des aptitudes de jardinière ; fermeté et tendresse tenaient lieu de pluie et de soleil pour que germe la vocation franciscaine au coeur des novices et des jeunes soeurs, pour que renaisse l’espérance dans l’âme des affligés, des pauvres, des petits, des malades.

 Intelligente et humble, compréhensive et compatissante, femme de prière et de miséricorde, Mère Marie-Anne de Jésus a formé, par ses paroles et son exemple, la génération de celles qui ont commencé.

Mère Marie-Alexis

Mère Marie-Alexis

10 mars 1846 - 7 juin 1939

Sœur Cordélie Robillard

Un cœur plein de soleil, une âme transparente comme un VITRAIL  qui laisse rayonner sa joie intérieure et le don absolu d’elle-même au service de son Dieu et de son prochain, telle est apparue notre Mère Marie-Alexis, le jour même où elle vint rejoindre Marie-Louise Rondeau à l’Orphelinat de South Worcester .

C’est qu’elle arrivait à 43 ans avec une expérience de vie déjà marquée par le désir de Dieu et la confiance en Son amour, par une habitude de dévouement inconditionnel et d’oubli de soi permanent.  Les années de fondation, avec leurs exigences parfois démesurées et leur invitation au dépassement, ne firent que fortifier les touchantes dispositions de Mère Marie-Alexis.

C’était émouvant, en effet, de la voir toujours sereine et avenante, toute simple dans son humilité, toute vraie dans sa charité, ne se réclamant de son droit d’aînesse que pour se dépenser et se sacrifier plus que les autres, pour être plus «maman» que les autres auprès des petits et des pauvres.

Un jour, les forces déclinèrent et le travail fut interrompu:  le chapelet, alors, glissa sans fin dans les vieux doigts noueux et l’on peut croire que la Vierge accueillait les avés et les paroles d’amour et de confiance de son enfant.

Mère Marie-Dominique

Mère Marie-Dominique

11 janvier 1870 - 14 août 1952

Sœur Lumina Bolduc

Comme le BLÉ qui ondule ou plie sous le vent, ainsi Mère Marie-Dominique se laissa bercer ou secouer par la volonté de Dieu.  Toute sa vie fut marquée par cette conviction d’être une «servante inutile» que le Seigneur pouvait, cependant, manier à Son goût. 

Et parce qu’elle s’est abandonnée au bon vouloir d’un Seigneur qui ne se trompe jamais dans Ses orientations, elle a rendu d’immenses services à la Communauté, sans perdre un instant son cœur de pauvre.  Elle fut de toutes les tâches:  soin des enfants et des vieillards, soin des malades et des handicapés mentaux, entretien des maisons surpeuplées où les commodités modernes étaient inconnues, besognes souvent harassantes, mais moins éprouvantes pour elle que la charge de «quêteuse» qui fut longtemps son lot. 

Le plus pénible, toutefois, ce fut la fonction de supérieure, et elle l’a exercée durant 42 ans:  comme supérieure générale, assistante générale et supérieure locale!  Avec des études fort élémentaires, elle sut diriger judicieusement la Communauté, parce qu’elle était sage, droite, prudente, humble et obéissante, d’une charité exemplaire et d’un dévouement sans limites. 

Sa piété, solide et sincère, n’avait rien de sentimental, mais, par certaines confidences, on pouvait percevoir que le sentiment était loin d’être absent de sa dévotion.  Ses filles ont donc eu mille raisons de la regarder et de la suivre!

Mère Marie-Zotique

Mère Marie-Zotique

17 avril 1858 - 26 août 1930

Sœur Étudienne Blais

Une humble BREBIS dans le troupeau du Seigneur, mais une brebis fidèle qui suit le Berger pas à pas, quelles que soient les aspérités du chemin:  voilà Mère Marie-Zotique.

Effacée par nature et par un contact quasi permanent avec «sœur Maladie», elle acquiert la surnaturelle humilité, qui est toute confiance envers le Père, toute disponibilité pour le service.  Ce service est multiple et diversifié dans son cas, parce qu’elle prête son concours partout selon les besoins, mais totalement ou partiellement selon l’état de sa santé; il est toujours accompli sous le signe de la Bonté, si bien qu’on a dit d’elle: «Sa vocation, c’est d’être bonne!»   Elle prie beaucoup, elle égrène son chapelet avec recueillement, elle s’enveloppe de silence quand elle est souffrante, pour ne pas se plaindre et attrister les autres.

Mais comment se fait-il qu’on s’ennuie tant quand elle est absente?  C’est que malgré ses limites physiques, elle a des moyens à elle toute seule d’amuser son monde, non seulement les sœurs, mais aussi les pauvres qui la chérissent.  Combien sa charité fait merveille encore quand elle visite les malades du village, qui sont parfois guéris et toujours réconfortés après son passage compatissant.

Oui, elle a mis ses pas dans les pas de Jésus et ces paroles de dernière heure sont un reflet de sa vie:  «Si j’ai un petit pouvoir, je vais demander que nos pauvres soient toujours bien soignés, que toutes les Petites Franciscaines soient des religieuses fidèles!»

Mère Alphonse-Marie-de-Liguori

Mère Alphonse-Marie-de-Liguori

19 juillet 1872 - 3 août 1936

Sœur Albertine Riopel

La vie de Mère Alphonse pourrait être mise en MUSIQUE!  Et ce serait une belle mélodie, avec des passages parfois vibrants et impétueux, parfois calmes et paisibles, espiègles et enjoués à certaines heures, douloureux aussi par moments, mais toujours sous-tendus par un thème de joie.

Albertine était entrée allègrement dans la vie religieuse, avec un intense désir de se donner.  Elle avait dix-sept ans.  Elle commençait sa vingtième année lorsque la maladie l’attaqua de front et la mit en situation de souffrance à perpétuité.  Cependant, Mère Alphonse est restée la sœur aimable et simple, qui chante et qui rit, proche des jeunes, des pauvres et des petits, le coeur plein de compassion pour consoler les affligés, à tel point qu’elle sera la compagne par excellence pour les visites aux parents endeuillés.

Et malgré sa faible santé, les ménagements souvent nécessaires, elle travaille toujours, un peu ou beaucoup:  elle enseigne, remplit la fonction de secrétaire, rend service à l’accueil, à la quête, à la cuisine, à la buanderie, elle aide au soin des malades avec une tendresse réconfortante.

Quand l’obéissance la conduit aux États-Unis, dans l’est ou dans l’ouest, elle part et revient avec la même foi, car elle voue à l’autorité respect et confiance.  Elle oublie les indélicatesses, mais garde du moindre bienfait un souvenir fidèle.

Oui, une telle existence d’humilité et de courage, c’est une belle mélodie à conserver et à chanter!

Mère Marie-des-Sept-Douleurs

Mère Marie-des-Sept-Douleurs

8 août 1860 - 3 janvier 1937

Sœur Emma Decelles

Comment n’aurait-elle pas fréquenté l’école de la souffrance, celle qui avait choisi de mettre sa vie religieuse sous le patronage de la Vierge des Douleurs!

Le cœur toujours à l’écoute des impressionnantes leçons de Jésus et de Marie, Emma Decelles apprit à supporter avec courage, dès la fondation, les renoncements de la pauvreté, l’angoisse de l’insécurité, l’humiliation des rebuffades, les fatigues d’un travail excessif.  L’on aurait dit que les circonstances prenaient un malin plaisir à la diriger tout droit sur les situations épineuses, à l’exposer même aux remontrances du Père Fafard quand il décidait d’éprouver ses novices!  Et la désolation était d’autant plus profonde que la sensibilité se révélait plus vive.

Mais, de cette faculté de souffrir, spiritualisée par une vie intérieure intense, devait naître l’aptitude à consoler, à aimer.  Mère Marie-des-Sept-douleurs fut une mère dans toute la force du mot:  pour ses sœurs auprès de qui elle exerça longtemps la fonction de supérieure, pour les orphelins qu’elle chérissait, pour les malades en qui elle reconnaissait le Christ pauvre, pour les pécheurs que sa prière voulait tirer de la peine et conduire à Dieu, et bien particulièrement pour les postulantes et les novices qui étaient l’objet de sa sollicitude, car elle ne concevait pas qu’on puisse aimer l’Église et sa communauté et ne pas s’intéresser à la vocation des jeunes.

À la voir se donner ainsi sans réserve et jusqu’au bout, on pense à cet emblème du Blason «qui dit l’amour du divin PÉLICAN» et l’on admire, filialement.

Mère Marie-Égide-d'Assise

Mère Marie-Égide-d'Assise

25 juillet 1862 - 21 août 1949

Sœur Rosanna Marcil

Croiser le sourire affectueux de Mère Égide, c’était savourer un CORDIAL plus efficace que le thé bouillant qu’elle servait avec tant de bonhomie !

À cause d’un repas d’évêque préparé alors qu’elle avait 14 ans, à cause aussi d’un service de cuisinière à l’évêché de Chicoutimi avec mention admirative de Mgr Labrecque, à cause surtout de ses succès culinaires sous l’œil à la fois exigeant et économique du Père Fafard, elle gardera toute sa vie la réputation d’excellent cordon-bleu.  Pourtant, handicapée par des jambes malades dès 1893, elle n’aura pas longtemps l’office de cuisinière à temps plein, mais se rendra utile de la cave au grenier, de la cuisine à la ferme, de la buanderie à l’accueil, experte en toutes les besognes secourables lui permettant de tenir sa résolution de «rendre service chaque jour».

Mais plus encore que par son action, elle servira sa communauté par son jugement sûr, sa bonne humeur, son courage inébranlable, son esprit d’émerveillement, sa mémoire étonnante, sa touchante simplicité, tout cela greffé sur un esprit d’oraison solide et une humilité vraie. Elle aimait ses sœurs, et bien spécialement les novices qui diront plus tard:  «Nous sentions qu’elle s’intéressait à nous, ce qui nous donnait l’impression d’être de la famille.»

À la tête de cette chère famille, comme fondatrice et comme membre du Conseil général durant 33 ans, vivant ses dernières années à l’infirmerie dans une obéissance d’enfant tout près du Tabernacle et le Rosaire à la main, Mère Égide mérite bien cette exclamation du Père Édouard Fafard:  «Ah! que la charité est puissante et combien de merveilles elle opère!»

Mère Marie-Frédéric

Mère Marie-Frédéric

12 mars 1852 - 27 février 1939

Sœur Zélie Perron

Quand Zélie Perron vint se joindre au groupe des Fondatrices, elle avait 38 ans, mais pour avoir travaillé auprès des orphelins, elle en rapportait un cœur d’enfant, bon, confiant et doux.  Elle l’a gardé sa vie durant.

Aussi, lorsqu’on parle d’elle, reviennent souvent les mots:  silence, effacement, patience, oubli de soi.  Regardez la FLEUR DES CHAMPS:  elle est l’image de son existence toute simple.  L’humble Mère n’a rien fait de saillant, en effet; mais elle a été un exemple de toutes les petites vertus où s’enracine la sainteté.  Les yeux sur la Règle, elle a fait du quotidien, vécu dans la foi et l’obéissance, son chemin de perfection.  Sans oublier la charité de paroles et d’action, soit une attention constante à ne jamais dénigrer le prochain, un dévouement absolu au service de ses sœurs et des pauvres qu’elle aime et qui l’aiment. Il faut dire qu’elle est joyeuse aussi, la bonne Mère, et que ses chansons comiques viennent toujours à point pour amuser ou consoler !

Les cantiques lui aident à exprimer son amour pour la Parole de Dieu et sa tendre dévotion à la Vierge Marie.  Par les dispositions de son coeur donc, et par le travail de ses mains, Mère Frédéric manifestera son ardent désir de faire et d’adorer la Volonté de Dieu.  Et quand viendra le long crépuscule à l’infirmerie, c’est encore dans la prière, le calme et la sérénité qu’elle attendra la venue du Seigneur.

Mère Marie-Thérèse-de-Jésus

Mère Marie-Thérèse-de-Jésus

30 janvier 1871 - 13 décembre 1898

Sœur Elzire Roy

De la «petite Thérèse», elle avait la sensibilité psychologique et la fragilité, la spontanéité charmante et l’héroïque énergie.  De la «grande Thérèse», elle reflétait la sagesse audacieuse et le courage viril, avec un sens pratique ouvert à l’initiative.

Comme l’une et l’autre, elle portait en son cœur un intense désir de Dieu.  Mais c’est en François d’Assise qu’elle trouvait son modèle de prédilection, parce qu’il avait allumé en elle la «FLAMME brûlante et douce» de l’Amour séraphique, lui apprenant à vivre le cri de tendresse et de foi:  «Mon Dieu, mon tout!»  Par cet attachement à saint François, s’ajoutant à une profonde piété mariale, Elzire s’était préparée, dès sa jeunesse, à recevoir la grâce d’une vocation religieuse franciscaine.

Mais quand elle courut au-devant de l’appel ce fut pour recueillir l’exigeant privilège d’être Fondatrice.  Elle l’a été avec autant de vaillance que d’humilité, avec autant d’esprit de foi que de sereine douceur.  Et quand, à 22 ans, elle fut choisie comme maîtresse des novices, elle puisa dans son ardente vie spirituelle, la lumière pour discerner et la chaleur pour aimer.

Pourquoi fallut-il que cette jeune soeur, collaboratrice et secrétaire de la supérieure générale, «sa consolation et son espérance» soit sitôt ravie au groupe des ONZE dont elle était la joie?  Ne posons pas de question à Dieu.  Remercions-Le d’avoir donné son Ciel à Mère Thérèse qui le désirait tant pour être avec Lui et veiller sur nous!

Mère Marie-de-Bon-Secours

Mère Marie-de-Bon-Secours

19 avril 1856 - 7 mars 1892

Sœur Agnès Perron

Pourquoi une ROSE comme symbole sur cette page consacrée à Mère Marie-de-Bon-Secours?   D’abord parce que, dès sa jeunesse, Agnès Perron offrait au Seigneur ce qu’elle appelait la «rose de la charité».

Déjà en service auprès d’orphelins à l’âge de 14 ans, elle réservait le meilleur de sa tendresse pour les plus misérables.  Elle apportera cette bonté à Worcester, 20 ans plus tard, quand elle viendra se joindre aux Fondatrices, avec sa sœur Zélie.  Elle apporte aussi, hélas, un cœur hypertrophié; même à la Maison de Misère, ses compagnes l’entoureront de prévenances fraternelles, réservant pour elle le moins inconfortable de leur inconfort.  Elle essaie de donner sa part de travail:  elle doit vite se rendre à l’évidence qu’elle est appelée à autre chose.

Sa vocation franciscaine aura visage de souffrance, d’humilité, de patience, de sérénité, d’amour. «Jamais dans ses paroles, elle n’a manqué de charité», diront ses sœurs.  Au milieu de l’épreuve, elle soutient le groupe par son courage, sa confiance, sa paix, par sa prière qui ne cesse jamais.  Elle est en relation constante avec la Mère de Dieu qu’elle aime intensément et qui ne lui ménage pas ses faveurs.  C’est à elle, en effet, que seront réservés le sourire de la Vierge Marie et les paroles d’espérance: «Marchez, mes petites sœurs, vous réussirez!»

Après une simple mais ardente  profession  religieuse «de désir», c’est dans son cercueil qu’elle atteindra Baie-Saint-Paul; mais soeurs, parents, amis, auront le privilège d’apercevoir aux mains et aux pieds des cicatrices imprévues et impressionnantes, dont l’une, au pied droit, a la forme d’une ROSE.